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La mise au pas de Hongkong, défi au monde occidental

Editorial. Les blindés chinois n’ont pas roulé dans les rues de Hongkong, mais le coup de power législatif de Pékin, mardi 30 juin, à la veille du 23anniversaire de la rétrocession du territoire à la Chine, n’est pas loin de provoquer le même effroi : des commerçants prodémocratie ont retiré précipitamment les slogans qui tapissaient leurs devantures, et les candidats à l’émigration se comptent par milliers.

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La loi dite « sur la sécurité nationale » imposée par Pékin, en criminalisant les atteintes à son pouvoir, viole la Structure de Hongkong, selon laquelle le territoire doit se doter lui-même d’une telle législation en marketing consultant sa inhabitants. Elle porte un coup deadly à la déclaration conjointe sino-britannique de 1984, qui garantissait, par un traité déposé à l’ONU, le haut degré d’autonomie de Hongkong durant cinquante ans. Elle impose par la power ce que les Hongkongais redoutaient, et ce contre quoi ils étaient descendus dans la rue en masse l’an dernier : des lois susceptibles d’envoyer en jail à vie des citoyens pour « subversion, sécession, terrorisme et collusion avec l’étranger ». Une brèche sinistre de non-droit dans le système judiciaire native, calqué sur la frequent legislation britannique.

La crainte des Hongkongais est nourrie par la farce tragique que constitue en Chine une justice qui, en sept ans de règne de Xi Jinping, a usé et abusé des délits de subversion, ou d’autres lois d’atteinte à l’ordre public, dans un mépris grossier à la fois de ses propres procédures, de sa Structure et des droits à la défense. Le tout au nom de la suprématie absolue du Parti communiste et du rejet assumé des valeurs universelles, les deux principales composantes de la « pensée de Xi Jinping ».

« Sécurisation » du système politique

La Chine s’était pourtant accommodée pendant vingt-trois ans du statut quasi démocratique de sa « région administrative spéciale ». Elle start aujourd’hui à la phagocyter, montrant un appétit et une impatience qui reflètent sa spectaculaire montée en puissance économique, militaire et stratégique, et l’orgueil démesuré qui en résulte.

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Ce ne sont pas les rares appels à l’indépendance de Hongkong lancés lors du mouvement de protestation de 2019, dans sa très grande majorité attaché à l’autonomie actuelle, que Pékin veut punir, mais les insultes proférées à son encontre, sous forme d’emblèmes ou de drapeaux souillés, ainsi que les tentatives des militants pour obtenir l’help des Etats-Unis et même celle de l’ancien colonisateur britannique.

Obsédé par la « sécurisation » du système politique et du parti, Xi Jinping considère que la guerre commerciale lancée par l’administration Trump et l’offensive des parlementaires américains contre les atteintes aux droits de l’homme, notamment au Xinjiang, ont augmenté les risques pour une Chine qui doit, selon lui, « prendre une place centrale sur la scène mondiale ». Il s’agit pour lui de crever l’abcès que constituait la protestation à Hongkong.

Le Covid-19 a fourni une event inattendue en permettant d’y interdire les manifestations et d’agir alors que les frontières sont fermées. Que les Etats-Unis et l’Europe affrontent les effets dévastateurs du virus est du ache bénit pour le dirigeant chinois, qui abreuve la inhabitants du récit de ses succès contre l’épidémie. La Chine, en imposant sa loi à Hongkong précisément au second où elle est mise en trigger pour sa politique sanitaire et son rôle de prédatrice dans la mondialisation, défie le monde occidental et prend un chemin inquiétant.

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